Graphie de Conflans

Graphie de Conflans

La Graphie de Conflans … en plus simple


La graphie de Conflans a été élaborée, après de nombreuses réunions de travail par un groupe de patoisants réunis autour de l’abbé Hudry et des professeurs Tuaillon et Abry. Cette confrontation de locuteurs et de spécialistes a abouti en 1983 à la parution « officielle » dans les Cahiers du Vieux Conflans (n° 135), du document réalisé. Depuis, cette graphie née à Conflans, a été utilisée dans les livres édités par le Centre de la Culture Savoyarde, en particulier « Découvrir les Parles de Savoie » paru en 1994 (1). De nombreux auteurs savoyards et chercheurs s’en servent également.

Cette graphie phonétique propose d’écrire les mots du francoprovençal en se libérant des conventions orthographiques du français, pour n’écrire que les sons prononcés, de façon claire et commode. Cela rend possible la lecture courante et la reconnaissance des sons. Ainsi est respectée « la musique de la langue »

Quelques règles simples permettent une écriture facile, utilisant, comme en français des voyelles et des consonnes. La lecture est aisée mais gagne à être faite à haute voix.

Voici un extrait des principales notations utilisées :

Voyelles (une seule notation pour le même timbre, l’accent marque les nuances) :

  • a, â, i, o, ô, ò, u, ou, e, é, è
  • an (am, en, en), in (ain, im, en)
  • eû,  eù
  • oi : oua (ou wa) – ouan – ouin – ouè…

Consonnes :

  • b, d, f, l, m, n, p, r, t, v, s
  • z remplace aussi s entre deux voyelles lizire (lisière)
  • j également pour ja jo à la place de gea ou geo
  • ch
  • k pour ka câva (la cave), ke que, ki qui, ko kordani (cordonnier), ku…
  • s ou ss entre deux voyelles sèssanta (soixante)
  • g uniquement pour ga, go, gu
  • y se substitue à gn (montanyi) , ill (palyi), ou i (dyablo)
  • sh (équivalent de l’anglais thin). Ex : shantâ (chanter)
  • zh (équivalent de l’anglais that). Ex : rozhe (rouge)

Autres particularités

L’apostrophe est employée pour l’élision de la voyelle dans un article : l’arba (l’aube) n’avlye une abeille). Les lettres de liaison sont considérées comme faisant partie intégrante du premier mot : louz ome (les hommes), slouz ami (ces amis).

Les mots ne sont compréhensibles que si l’accent tonique est indiqué ((ne pas confondre avec le signe mis à l’écrit sur une voyelle) : en français, tous les mots sont accentués sur la dernière syllabe prononcée, en francoprovençal, l’accent peut se déplacer sur l’avant dernière syllabe.

Dans ce cas la voyelle tonique est soulignée : la toma, la bouêta, la téta…, ce qui permet de distinguer par exemple trabla (table) et trabla (étagère), agota (tarie) et agota (tarir).

 Une situation phonétique ne peut être transcrite par la graphie française celle des mots bon-na, lin-na , shin-na, kanpan-na…

 Le document complet étudie aussi les cas particuliers des patois très typés intégrant des sons plus complexes.


1 – Cet ouvrage présente, entre autres, l’intégralité de la Graphie de Conflans. Il est disponible (12€ + port).